Vous démarrez une mission d’intérim et vous vous demandez comment fonctionne la paie ?
Entre le salaire de base, les indemnités de fin de mission et les mentions obligatoires sur votre fiche de paie, il y a de quoi s’y perdre.
Bonne nouvelle : la rémunération en intérim est encadrée par le Code du travail et vous garantit les mêmes droits que les salariés permanents de l’entreprise.
En résumé :
- C’est votre agence d’intérim qui verse votre salaire, pas l’entreprise utilisatrice
- Votre rémunération ne peut pas être inférieure à celle d’un salarié en CDI au même poste
- L’IFM (10 %) et l’ICCP (10 %) vous rapportent environ 21 % de rémunération brute supplémentaire
- Le salaire est généralement versé entre le 10 et le 15 du mois suivant
Pour mieux comprendre le cadre global dans lequel s’inscrit votre rémunération, consultez notre guide sur comment fonctionne une agence d’intérim qui détaille le rôle de votre employeur et de l’entreprise utilisatrice.
Qui verse le salaire en intérim ?
En travail temporaire, c’est votre agence d’intérim qui vous emploie et qui verse votre salaire, pas l’entreprise utilisatrice. Vous signez un contrat de mission avec l’agence, et c’est elle qui établit votre fiche de paie chaque mois.
L’entreprise utilisatrice, de son côté, transmet à l’agence vos heures travaillées via un relevé d’heures. Ce document sert de base au calcul de votre rémunération.
Le principe d’égalité de rémunération
Le Code du travail est clair : la rémunération d’un intérimaire ne peut pas être inférieure à celle d’un salarié en CDI occupant le même poste de travail dans l’entreprise utilisatrice. C’est le principe d’égalité de traitement.
Concrètement, votre taux horaire doit correspondre au minimum à celui des salariés de l’entreprise à poste, qualification et ancienneté équivalents. Si la convention collective de l’entreprise prévoit des avantages (primes, majorations), vous y avez droit aussi.
Votre salaire de base ne peut jamais être inférieur au SMIC, soit 12,02 € brut de l’heure au 1er janvier 2026.
Que contient votre fiche de paie intérimaire ?
Le bulletin de paie d’un intérimaire ressemble à celui d’un salarié classique, avec quelques lignes spécifiques. Voici les mentions obligatoires :
Les heures supplémentaires en intérim obéissent aux mêmes règles qu’en CDI. Retrouvez les détails dans notre article sur les heures supplémentaires et majorations en intérim.
Les indemnités propres à l’intérim : IFM et ICCP
Deux indemnités distinguent la paie en intérim de celle d’un salarié permanent. Elles compensent la précarité liée au contrat de travail temporaire.
L’indemnité de fin de mission (IFM)
Versée à la fin de chaque mission, l’IFM représente 10 % de votre rémunération brute totale perçue pendant la mission. Elle n’est pas due si vous êtes embauché en CDI par l’entreprise utilisatrice à l’issue du contrat.
L’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP)
Comme les intérimaires ne prennent généralement pas de congés entre deux missions, l’ICCP compense ce droit. Elle correspond aussi à 10 % de la rémunération brute totale, IFM incluse, versée à la fin de votre contrat.
Au total, un intérimaire perçoit environ 21 % de rémunération brute supplémentaire par rapport au salaire de base grâce à ces deux indemnités.
Les primes versées aux salariés de l’entreprise utilisatrice (13e mois, prime vacances, prime d’ancienneté) doivent aussi être versées aux intérimaires au même titre, au prorata de la durée de la mission.
Exemple concret de calcul
Pour un taux horaire de 12 € brut et une mission de 35 heures par semaine sur un mois (151,67 heures) :
Salaire brut de base : 1 820 €
IFM (10 %) : + 182 €
ICCP (10 % sur brut + IFM) : + 200,20 €
Rémunération brute totale : 2 202,20 €
Pour connaître votre salaire net, retirez les cotisations sociales (environ 22 %) et le prélèvement à la source.
Vous pouvez aussi consulter notre article pour calculer votre salaire en intérim plus en détail.
Quand est versé le salaire en intérim ?
Le versement dépend de l’agence d’intérim, mais la plupart fonctionnent avec un paiement mensuel, généralement entre le 10 et le 15 du mois suivant. Certaines agences proposent des acomptes en cours de mois.
L’IFM et l’ICCP sont versées à la fin de votre contrat de mission, sur votre dernier bulletin de paie. Si votre mission est prolongée par un avenant, ces indemnités sont reportées à la fin de la prolongation.
Pour mieux comprendre vos droits en tant qu’intérimaire, consultez notre guide complet des droits des intérimaires.
Questions fréquentes sur la paie en intérim
Un intérimaire gagne-t-il plus qu’en CDI ?
Oui, sur le court terme. Grâce à l’IFM et l’ICCP, un intérimaire perçoit environ 21 % de plus en rémunération brute qu’un salarié en CDI au même taux horaire. En revanche, un CDI offre la stabilité et des avantages sur le long terme (ancienneté, formation, mutuelle d’entreprise).
Les primes sont-elles versées aux intérimaires ?
Oui. Le principe d’égalité de traitement impose que les primes et indemnités versées aux salariés permanents de l’entreprise utilisatrice soient aussi versées aux intérimaires : 13e mois, prime de vacances, prime de productivité, indemnité de transport.
Que faire en cas d’erreur sur la fiche de paie ?
Contactez votre agence d’intérim dans les meilleurs délais. Vous disposez d’un délai de 3 ans pour contester une erreur sur votre bulletin de paie (article L3245-1 du Code du travail).
Le prélèvement à la source s’applique-t-il en intérim ?
Oui, comme pour tout salarié. L’impôt sur le revenu est directement retenu sur votre salaire net par l’agence de travail temporaire. Si vous débutez en intérim, un taux neutre peut être appliqué en attendant la transmission de votre taux personnalisé par l’administration fiscale.
L’IFM est-elle toujours versée à la fin de la mission ?
Pas toujours. L’indemnité de fin de mission n’est pas due si vous refusez un CDI proposé par l’entreprise utilisatrice, en cas de faute grave, ou si vous rompez le contrat de manière anticipée. Elle reste versée dans tous les autres cas de fin de contrat.
