Le 1er mai, le 8 mai, l’Ascension, la Pentecôte, la journée de solidarité : ces dates soulèvent chaque année des questions concrètes de rémunération pour tout salarié intérimaire. En effet, touchez-vous votre paie un jour férié chômé sans condition d’ancienneté ? Par ailleurs, le 1er mai travaillé ouvre-t-il droit à un paiement doublé ? Enfin, qu’en est-il des ponts et de la journée de solidarité ?
En effet, le Code du travail garantit aux intérimaires les mêmes droits que les permanents de l’entreprise utilisatrice. Ainsi, voici les règles applicables à chaque jour férié, leur rémunération et le traitement des ponts.
Jours fériés en intérim : que dit le Code du travail ?
D’abord, l’article L1251-18 du Code du travail pose la règle : pendant un contrat de mission, le salarié de travail temporaire bénéficie des mêmes conditions que les permanents de l’entreprise utilisatrice. Par conséquent, cela inclut la rémunération des jours fériés.
Conséquence directe : si les permanents touchent leur paie un jour férié chômé, les intérimaires aussi. De plus, aucune condition d’ancienneté n’entre en compte pour ouvrir droit au paiement des jours fériés, contrairement à la pratique d’avant 2008.
Il faut distinguer deux cas qui structurent toutes les règles qui suivent : d’une part le 1er mai, fête du travail, que le Code du travail traite à part, et d’autre part les 10 autres jours fériés légaux, soumis aux conventions collectives et aux usages de l’entreprise utilisatrice.
Pour bien comprendre votre contrat et votre fiche de paie, consultez nos guides sur ce qu’est l’intérim et comment fonctionne la paie en intérim.
Le calendrier des 11 jours fériés légaux en France
D’abord, la loi française reconnaît 11 jours fériés légaux. Ainsi, voici la liste et le statut habituel de chacun.
| Jour férié | Date | Statut |
|---|---|---|
| Jour de l’An | 1er janvier | chômé et payé |
| Lundi de Pâques | lendemain de Pâques (date mobile) | chômé et payé |
| Fête du travail | 1er mai | obligatoirement chômé et payé |
| Victoire 1945 | 8 mai | chômé et payé |
| Ascension | jeudi 39 jours après Pâques (date mobile) | chômé et payé |
| Lundi de Pentecôte | lundi 50 jours après Pâques (date mobile) | chômé et payé |
| Fête nationale | 14 juillet | chômé et payé |
| Assomption | 15 août | chômé et payé |
| Toussaint | 1er novembre | chômé et payé |
| Armistice | 11 novembre | chômé et payé |
| Noël | 25 décembre | chômé et payé |
Seul le 1er mai reste obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés. En revanche, les 10 autres jours fériés légaux peuvent donner lieu à du travail selon l’organisation de l’entreprise utilisatrice et la convention collective applicable.
Cas particulier de l’Alsace-Moselle
Par ailleurs, si votre mission se déroule dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin ou de la Moselle, deux jours fériés supplémentaires s’ajoutent au calendrier national, en application du droit local :
| Jour férié | Date | Statut |
|---|---|---|
| Vendredi Saint | vendredi avant Pâques (date mobile) | chômé et payé |
| Saint-Étienne | 26 décembre | chômé et payé |
En pratique, ces deux jours restent obligatoirement chômés et payés pour les salariés affectés à un établissement situé dans l’un de ces trois départements, notamment les intérimaires.
Jour férié non travaillé : touchez-vous votre paie en intérim ?
Oui. Lorsque le jour férié tombe un jour habituellement travaillé et que vous ne travaillez pas, vous touchez votre rémunération comme si la mission s’était déroulée normalement. Par ailleurs, la règle vaut pour tous les jours fériés, sans condition d’ancienneté.
Concrètement, ce paiement apparaît sur votre fiche de paie sous la ligne « jour férié chômé ». De plus, il s’ajoute aux indemnités de fin de mission (IFM) et de congés payés. En revanche, si le jour férié tombe pendant un jour de repos hebdomadaire (dimanche), aucune rémunération supplémentaire ne s’ajoute.
Jour férié travaillé : majoration et rémunération
En revanche, quand vous travaillez un jour férié, deux régimes coexistent.
D’abord, le 1er mai constitue un cas à part. Travailler ce jour-là ouvre droit à une rémunération doublée : vous percevez votre salaire habituel plus une indemnité égale au montant de ce salaire, conformément à l’article L3133-6 du Code du travail.
Ensuite, les autres jours fériés travaillés n’ouvrent droit à aucune majoration légale automatique. La rémunération correspond à celle de la journée habituelle. Cependant, une majoration peut s’appliquer si la convention collective de l’entreprise utilisatrice le prévoit : certains accords imposent une majoration de 50 % à 100 %.
Si vous dépassez la durée légale, le calcul change. Découvrez les règles dans notre article sur les heures supplémentaires et majorations en intérim.
Zoom sur les jours fériés du printemps
1er mai : fête du travail
D’abord, le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés intérimaires, sans exception. Par ailleurs, si l’entreprise utilisatrice impose votre présence (commerce alimentaire, hôtellerie, santé), elle double votre rémunération.
8 mai : victoire 1945
Ensuite, jour férié chômé classique. Ainsi, vous touchez votre paie si vous ne travaillez pas. En revanche, si l’entreprise utilisatrice ouvre, votre travail ouvre droit à la rémunération habituelle sans majoration légale, sauf disposition de la convention collective.
Ascension
Puis, l’Ascension tombe un jeudi (39 jours après Pâques). Ainsi, le régime est identique à celui du 8 mai : vous touchez votre paie si vous ne travaillez pas, sans majoration si l’entreprise utilisatrice ouvre (sauf convention collective). De plus, le vendredi qui suit reste un jour ouvré classique : le traitement du pont dépend de l’entreprise utilisatrice et du contrat de mission (voir section ponts ci-dessous).
Lundi de Pentecôte
Enfin, jour férié chômé et payé. Historiquement associé à la journée de solidarité, le lundi de Pentecôte ne remplit aujourd’hui plus systématiquement ce rôle : en effet, l’employeur fixe librement la date de la journée de solidarité (voir section dédiée plus bas).
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Et les ponts ? Paiement et règles
D’abord, un pont (le vendredi entre l’Ascension et le week-end, par exemple) ne relève pas du jour férié au sens légal. Ainsi, aucune obligation légale n’impose son paiement, et les cas particuliers sont nombreux.
Pour un salarié intérimaire, le pont n’ouvre pas systématiquement droit à rémunération. En effet, le traitement dépend de plusieurs facteurs : l’organisation choisie par l’entreprise utilisatrice (pont accordé, récupéré, non accordé), la convention collective applicable, et les modalités prévues au contrat de mission. Comme l’intérimaire touche un salaire à l’heure travaillée, un pont non travaillé peut rester sans rémunération.
En pratique, le mieux est de se renseigner directement auprès de son agence d’intérim avant le pont, pour connaître le traitement appliqué à votre mission. Par ailleurs, pour comprendre comment votre agence, employeur officiel, gère ces situations au quotidien, consultez notre guide sur le fonctionnement d’une agence d’intérim. Enfin, certains accords prévoient un traitement plus favorable que le minimum légal.
La journée de solidarité en intérim
Instaurée en 2004, la journée de solidarité représente 7 heures de travail destinées à financer l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Notamment, la loi ne fixe pas la date : l’employeur la détermine (accord collectif ou décision unilatérale après consultation du CSE). Ainsi, elle peut tomber un jour férié habituellement chômé (hors 1er mai), un jour de RTT, ou tout autre jour précédemment non travaillé.
Pour les intérimaires, le traitement diffère de celui des salariés permanents. En effet, les intérimaires échappent à la mensualisation : leur rémunération suit le calcul à l’heure effectivement travaillée. Conséquence concrète :
- D’abord, si la mission couvre la journée de solidarité et que vous travaillez ces 7 heures, l’entreprise vous les paie normalement comme une journée de travail, sans rémunération supplémentaire ni majoration.
- Ensuite, si la mission ne couvre pas cette date, l’entreprise n’applique aucune retenue sur votre paie.
- Enfin, si vous changez d’entreprise utilisatrice après avoir déjà accompli la journée de solidarité chez un précédent employeur, vous n’avez pas à la refaire dans la nouvelle mission.
En revanche, cette règle se distingue du régime des salariés permanents : ces derniers, étant mensualisés, travaillent la journée de solidarité sans paiement supplémentaire (leur salaire mensuel inclut déjà cette rémunération).
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FAQ jours fériés en intérim
Faut-il une ancienneté pour toucher sa paie un jour férié en intérim ?
Non. Depuis 2008, aucune condition d’ancienneté n’entre en compte. Ainsi, tout salarié intérimaire bénéficie du paiement du jour férié chômé, dès le premier jour de mission.
Le 1er mai travaillé ouvre-t-il droit à un paiement doublé pour un intérimaire ?
Oui. Travailler le 1er mai donne droit à une rémunération doublée pour tous les salariés, intérimaires compris (article L3133-6 du Code du travail).
Un jour férié travaillé autre que le 1er mai donne-t-il droit à une majoration ?
Pas automatiquement. En effet, la loi ne prévoit aucune majoration légale pour les 10 autres jours fériés travaillés. Cependant, une majoration s’applique uniquement si la convention collective de l’entreprise utilisatrice le prévoit.
Un pont ouvre-t-il droit à rémunération en intérim ?
Pas systématiquement. Le pont ne relève pas du jour férié légal : son paiement dépend de l’entreprise utilisatrice, de la convention collective et du contrat de mission. En pratique, le mieux reste de demander à votre agence d’intérim avant le pont.
Comment fonctionne la journée de solidarité pour un intérimaire ?
L’employeur fixe la date. De plus, les intérimaires échappant à la mensualisation, s’ils travaillent ce jour-là, l’entreprise leur paie les 7 heures normalement comme une journée de travail, sans rémunération supplémentaire ni majoration.
Et si le jour férié tombe un dimanche ou un jour de repos ?
Aucun paiement supplémentaire ne s’ajoute. Ainsi, le jour férié non travaillé qui coïncide avec un jour de repos hebdomadaire (dimanche habituel) n’ouvre pas droit à indemnité.
Le jour férié compte-t-il dans le calcul des heures supplémentaires ?
Non. En effet, un jour férié non travaillé n’entre pas dans le temps de travail effectif. Il n’entre donc pas dans le décompte des heures supplémentaires hebdomadaires.
